Bakelith

De retour ...

19 janvier 2009

Mes premiers pas en Ubuntu (3) - Je fais mes paquets

logo ubuntuLe hardy heron m'a donné quelques fils à retordre cette semaine. Ma version OpenOffice fournie avec Ubuntu 8.04 était en anglais et mine de rien la migration est certes assistée mais autant migrer dans sa langue natale, car c'est suffisamment subtil comme ça. Bref même si j'ai l'occasion d'utiliser l'anglais très régulièrement dans mon travail, autant se donner un petit confort supplémentaire, non ?

Premier réflexe, aller sur le forum de la communauté française, la grande famille du libre ne laisse jamais tomber les débutants comme les plus avertis. Mais bon, lorsque je vois le niveau des questions et celui des réponses, parfois ça pousse à la crise de rire nerveux, genre :

Je suis sous Ubuntu 8.04 Edition 64 bits, et j'aimerais installer Openoffice.org 3.0.
Seulement sur le site officiel ( http://fr.openoffice.org/about-downloads.html ) les DEBs et les RPMs sont pour l'architecture i386 ( cela vaut également pour le pack langue ) !
Alors quelqu'un sur ce forum aurait-il l'amabilité de me donner un lien pour l'édition x64, car jusqu'à maintenant mes recherches sont restées infructueuses, et si besoin la méthode d'installation...
Merci d'avance !

Car il faut bien dire qu'on ne se sent pas toujours légitime dans la manipulation. Je rencontre souvent des personnes qui redoute d'utiliser leur ordinateur de peur de tout casser. J'utilise alors une bonne vieille métaphore : on peut conduire sa voiture tous les jours sans forcément être un spécialiste du changement de durite ou de la courroie de distribution. Oui, la personne convient qu'elle n'appréhende absolument pas de conduire sa voiture alors qu'elle n'y connaît rien en mécanique et conclue qu'il n'y a pas de raison pour que ça change avec l'ordinateur, le tout est de connaître le code de la route. Bon avec Ubuntu il faut quand même bien mettre un peu la main dans le moteur.

Alors j'ai suivi un premier conseil : télécharger la version 3.0 d'OOo, ce qui s'est avéré plus délicat même avec un accompagnement attentif. Pas envie de me lancer tout de suite dans les terminaux pour l'instant, on passe directement à la deuxième option : télécharger des paquets en français de 2.04 compatibles avec ma version. Je vous passe l'arrachage de cheveux entre les messages d'erreur, les non-reconnaissances du gestionnaire, le dézippage récalcitrant, le juron, les allers-retour sur le forum et puis finalement une lumière : rechercher dans le gestionnaire les paquets qui dépendent de ma version d'OOo, double cliquer sur un pack en français pour l'activer et là miracle : tous les paquets non installés apparaissent, on les coche, on les chérit, on ouvre OOo qui est désormais en français.

klingon

Plus tard, j'ai appris sur un message du forum, noyé dans la masse d'autres messages sur le même sujet, qu'il suffisait d'aller dans le menu de prise en charge linguistique et de cocher français.  Il apparaît en effet que les internautes sont très solidaires et les réponses très nombreuses pour un même sujet. Il ne faut pas hésiter à parcourir le forum de manière approfondie pour trouver la méthode qui vous parait la plus accessible, ce que je n'avais pas fait bien évidemment. Ah ah ah, j'ai rit très fort et tout mis en klingon (cf. image ci-dessus). Depuis ça va beaucoup mieux.

[Mots-clefs du jour : bonne année lumineuse et sonore]

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11 janvier 2009

La vraie vie d'Hélène Georges

couverture de la vraie vie d'Hélène GeorgesHélène Georges vient de sortir son deuxième recueil de nouvelles chez Michel Lagarde. Première agréable surprise : la couverture bleue apparaît en bonne place dans les librairies spécialisées et soucieuses des petites éditions. On peut donc facilement se procurer La vraie vie d'Hélène Georges et mine de rien c'est une reconnaissance.

Six nouvelles, six prénoms comme autant d'histoires vraies puisque tel est le postulat de ce recueil. Hélène Georges est ici narratrice, témoin et actrice de certaines histoires que l'on suit comme autant de récits de jeunesse (Alain), d'apprentissage amoureux (Camille, Béatrice) et citoyen (Samia). Peu importe qu'elle ait vécu ou soit uniquement dépositaire d'histoires, HG raconte en posant sur ces personnages un regard tendre, d'où peut-être le principe de prendre pour titre de chaque récit le prénom du héros ou de l'héroïne. Certaines nouvelles se terminent de manière déroutante, on aimerait en savoir plus, mais relisez bien en ayant en tête le postulat du vrai, c'est une tranche plus dense  qu'il n'y parait derrière une légèreté apparente. Lorsque Damien va acheter du tabac par exemple, on sent qu'on n'est plus dans le registre de l'anecdote.

Le lecteur de ses précédentes rêveries retrouvera avec plaisir ce trait et cette mise en page si singuliers entre illustration et bande dessinée. Chez Hélène Georges on ne parle pas vraiment de cases mais de plans et de séquences, il n'y a pas de ligne qui délimite vraiment une action d'une autre, comme un rouleau qui défile du début jusqu'à la fin. La première planche de Samia (une des nouvelles les plus réussies à mon avis) est assez caractéristique : dans un même espace, le lecteur découvre le lieu de l'action (la chambre) et Samia enfilant son hidjab dans un mouvement très dansant et élégant. Tout est dit : la dureté de l'apparence (mettre le hidjab pour sortir) et la douceur des personnages dans un même plan. Et oui il y a une densité derrière cette légèreté apparente.

Pour en savoir plus :
une critique sur Bodoï

[Mots-clefs du jour : le comte de Monte-Cristo livre audio gratuit]

Posté par bakelith à 11:52 - Bibliothèque idéale - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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01 janvier 2009

Objectivités photographiques

Laurenz BergesLongtemps j'ai parcouru les salles de l'exposition Objectivités, la photographie à Düsseldorf au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris. Un panorama de photographes allemands autour des mots-clefs séries, paysages, listes et contraintes, photographes qui sont passés ou non par l'école de Düsseldorf mais qui ont tous plus ou moins été influencés par le travail de Bernd & Hilla Becher et de leurs élèves (à l'école de Düsseldorf donc, ah ah, CQFD).

Listes, Séries — Le travail des Becher sur le paysage industriel est défini par son sujet (inventaire du patrimoine industriel) mais aussi par le projet artistique et la mise en forme du résultat photographique, sous forme d'accumulation d'images qui paraissent identiques. L'accrochage met particulièrement en valeur l'aspect sériel dans la salle  consacrée aux Becher et à leurs élèves comme Thomas Ruff, Thomas Struth et Candida Höfer.

Séries de châteaux d'eaux et d'usines (Becher), de rues au petit matin (Struth), de portraits et d'intérieurs d'appartements (Ruff) ... Ce modèle formel et ce qu'il dégage par comparaison, accumulation et listes se retrouve dans de nombreux travaux comme les portraits d'Ursula Schulz-Dornburg qui n'a pas fréquenté l'école mais reprend le concept pour révéler le rapport entre le lieu et les habitants dans sa série Arrêts d'autobus en Arménie. La juxtaposition des images  apprend à regarder l'ensemble comme l'unité, le lointain comme le moindre détail.

Traces du quotidien — On ne manquera pas l'archéologie de l'objet (la liste donc) d'Hans Peter Feldmann, un travail de collecte sur le quotidien notamment dans Bibliothèque (2005) ou ses Vues de fenêtres de chambre d'hôtel (1975-88). La série de Laurenz Berges sur les maisons abandonnées reprend ce travail d'archéologie/inventaire par l'image. L'artiste photographie les traces de vie sur des lieux laissés à l'abandon depuis longtemps (cf. photo ci-dessus). Un artiste moins connu qui mérite l'attention.

Evolution, entre OuliPo et numérique — La fin de l'exposition consacrée à l'héritage contemporain permet de voir l'évolution de certains photographes comme Candida Höfer (série des musées et bibliothèques historiques), Andreas Gursky (ses grands formats), Thomas Struth (visiteurs au musée du Prado) ou Thomas Ruff (photo de guerre ultra pixellisées). On retrouve les aspects de séries (Höfer), interrogation du regard (Gürsky et Ruth) imprégnés de l'évolution de l'image que ce soit celles inondant les médias numériques (Ruff) ou celle que perçoit désormais le spectateur par sa propre consommation (Struth).

Après ce constat sur l'évolution des élèves Becher, l'oeuvre oulipienne de Jörg Sässe vient remettre le spectateur dans le feu de l'action pour le meilleur, c'est-à-dire l'interrogation du regard sur l'image (avec contrainte donc) et non pas un exposé didactique de ce qu'est l'image. Strässe propose un bloc de 512 photos numérotées et encadrées ainsi qu'une série de fiches recto-verso proposant un thème sur le recto et une série de codes sur le verso. Le spectateur est amené à choisir l'une des fiches puis un code de la fiche. Ce dernier correspond à un accrochage de différentes photographies que le spectateur aura donc contribué à faire découvrir. Combien de décrochages-accrochages dans une journée de visites ?

Pour en savoir plus :
Un dossier thématique autour de l'expo sur le blog Photographie contemporaine.
Un article sur l'installation de Jorg Strässe sur le blog Amateur d'art "par Lunettes Rouges".

[Mots-clefs du jour : les chevaliers paysans de l'an mil au lac de paladru jaoui video]

Posté par bakelith à 10:27 - Visions - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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