Ca y est, première nuit passée dans la chambre de la librairie. Une nuit en librairie c'est un peu comme se faire enfermer dans une usine Haribo : on se dit qu'on va se baffrer de dragibus et en fait non, on est pris par le silence, comme si le lieu ne nous appartenait plus. De la rue les passants nous prennent pour des mannequins en vitrine, allumée jusqu'au matin. La seule peur est de passer sous le rideau roulant légèrement relevé pour l'occasion (le passage), devant les yeux d'un voisin méfiant qui promène son chien tard dans la nuit. Se retrouver au poste en pyjama est la seule contrainte de vouloir faire sa sélection du soir. Mais ça n'arrive pas, comme s'il était normal de se faufiler dans une librairie la nuit.

Le matin au réveil la librairie est déjà en effervescence, les clients feuillètent, les vendeurs conseillent et rangent, les voitures passent devant la vitrine. Tout est à recommencer.