Bakelith

De retour ...

27 juillet 2009

Le 1er Lipdub en bibliothèque française

lipdub_BmVaiseNous vous avions déjà parlé de la créativité du portail Arts Vivants de la médiathèque de Vaise à Lyon, ils ont encore frappé avec un Lipdub, c'est-à-dire un clip vidéo réalisé en plan séquence et playback à partir d'une chanson.

Les bibliothécaires ont bien sûr tourné in situ dans la médiathèque pour exploiter au maximum les ressources qu'offre le It's oh so quiet (traduction : c'est si silencieux) ! interprété par la chanteuse islandaise Björk. Merci d'éteindre votre téléphone portable et de cliquer sur la photo à gauche pour accéder à la vidéo.

Pour en savoir plus :
Le site officiel français Lipdub.

Depuis sur le buzz :

Le 28 sur couv en ill en couleur et repris par Desperate Librarian Housewife. A suivre ...

Autant pour moi ! Vagabondages a révélé que le premier lipdub en bibliothèque française avait été réalisé à la Bibliothèque Kateb Yacine de Grenoble, mea culpa ! Pour le voir, c'est ici.

[Mots-clefs du jour : photographique de fou]

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11 janvier 2009

La vraie vie d'Hélène Georges

couverture de la vraie vie d'Hélène GeorgesHélène Georges vient de sortir son deuxième recueil de nouvelles chez Michel Lagarde. Première agréable surprise : la couverture bleue apparaît en bonne place dans les librairies spécialisées et soucieuses des petites éditions. On peut donc facilement se procurer La vraie vie d'Hélène Georges et mine de rien c'est une reconnaissance.

Six nouvelles, six prénoms comme autant d'histoires vraies puisque tel est le postulat de ce recueil. Hélène Georges est ici narratrice, témoin et actrice de certaines histoires que l'on suit comme autant de récits de jeunesse (Alain), d'apprentissage amoureux (Camille, Béatrice) et citoyen (Samia). Peu importe qu'elle ait vécu ou soit uniquement dépositaire d'histoires, HG raconte en posant sur ces personnages un regard tendre, d'où peut-être le principe de prendre pour titre de chaque récit le prénom du héros ou de l'héroïne. Certaines nouvelles se terminent de manière déroutante, on aimerait en savoir plus, mais relisez bien en ayant en tête le postulat du vrai, c'est une tranche plus dense  qu'il n'y parait derrière une légèreté apparente. Lorsque Damien va acheter du tabac par exemple, on sent qu'on n'est plus dans le registre de l'anecdote.

Le lecteur de ses précédentes rêveries retrouvera avec plaisir ce trait et cette mise en page si singuliers entre illustration et bande dessinée. Chez Hélène Georges on ne parle pas vraiment de cases mais de plans et de séquences, il n'y a pas de ligne qui délimite vraiment une action d'une autre, comme un rouleau qui défile du début jusqu'à la fin. La première planche de Samia (une des nouvelles les plus réussies à mon avis) est assez caractéristique : dans un même espace, le lecteur découvre le lieu de l'action (la chambre) et Samia enfilant son hidjab dans un mouvement très dansant et élégant. Tout est dit : la dureté de l'apparence (mettre le hidjab pour sortir) et la douceur des personnages dans un même plan. Et oui il y a une densité derrière cette légèreté apparente.

Pour en savoir plus :
une critique sur Bodoï

[Mots-clefs du jour : le comte de Monte-Cristo livre audio gratuit]

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04 novembre 2008

La Bibliothèque au coeur des services publics

aff_bfmLa Bibliothèque Francophone Multimédia de Limoges (BFM pour les intimes) fête ses 10 ans et lance pour l'occasion une campagne d'affichage autour du slogan Liberté, gratuité, fraternité. Les affiches mettent en avant les missions de la bibliothèque publique, des pendules à l'heure, loin du bling bling et près de ce que l'on peut observer au quotidien :

- Pierre vient lire ici tous les jours; on ne lui a jamais demandé ses papiers
- Julie demandeur d'emploi : 640 000 documents à sa disposition
- Copains depuis le lycée, ils se retrouvent ici tous les samedis
- Comme à la maison1 ...

On aurait pu ajouter que ... Michel2 n'a pas de toit mais ne rate aucune conférence, Kevin vient souvent faire ses devoirs le mercredi après-midi et le samedi, Mr & Mme M. aiment bien déjeuner au café avant d'aller faire des courses au centre commercial, Mister W. consulte les actualités du Niger où il est né, Hélène a découvert la langue des signes en allant écouter des contes avec sa fille de 4 ans, Robert et Simone ont appris à utiliser un ordinateur et communiquent désormais par messagerie électronique avec leurs petits enfants. D'ailleurs ce n'est pas précisé sur l'affiche mais Julie a aussi appris à faire son CV qu'elle imprime régulièrement tout en consultant des annonces sur le web.

-> clic clic pour visionner les affiches <-

1 Ah je comprends mieux maintenant les causes à effet des miettes de chips sur les tables de lecture !
2 Certains prénoms ont été changés.

[Mots-clefs du jour : kan an diskan aurelie elie]

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08 juillet 2008

Les bibliothèques et l'inaliénabilité

Mais que peut bien évoquer Emmanuel Pierrat lorsqu'il dit : Elle font avec la place qu'elles ont !

Réponse : les bibliothèques [en parlant de désherbage].

A écouter sur Les Matins de France Culture, à propos de la sortie de son livre Museum connection : enquête sur le pillage de nos musées.

Si vous ne voulez pas écouter le reste, contentez-vous de prendre l'émission à partir de 1h37 du début de l'émisson environ, au moment où E.P. aborde l'assouplissement de l'inaliénabilité dans les musées, le justifiant par les pratiques déjà bien courantes en bibliothèque : c'est une question dont s'affranchissent par exemple certains bibliothécaires. On appelle ça désherber. [Le petit côté Attila des filles à chignon ?]. Il y a même un manuel officiel du désherbage [L'art de la guerre par Sun Tzu ?] (...) En théorie ce qui est illégal, c'est à dire vendre ce qui appartient à la collectivité publique, est pratiqué par les bibliothèques, qui estiment qu'il ne faut pas garder une vieille édition d'un Quid, d'un Larousse ou quoi que ce soit. Ce en quoi elles se trompent peut-être mais elles font avec la place qu'elles ont. Tiens j'ignorais que le désherbage était une source de financement en bibliothèque !

[Mots-clefs du jour : méthode pour trouver ruines a traver photos satellite]

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18 janvier 2008

Le genre en bibliothèque

logo point gEt si on parlait de contenu ? La bibliothèque municipale de Lyon a lancé hier le site Internet de son Centre de ressources sur le genre. Créé il y a un an, le Centre s'incrit dans la lignée de l'important fonds documentaire sur l'homosexualité déposé par Michel Chomarat en 1992, lui-même initiateur des Assises de la mémoire gaie et lesbienne organisées depuis 2002.

Inscrire des séries de conférences1, une exposition (Follement gay) et désormais un centre de ressources au coeur d'un lieu comme la bibliothèque publique est pionnier en France. Le fonds s'ouvre sur toutes les facettes du genre et non plus sur la seule appellation gaie & lesbienne, à l'image des gender studies depuis bien longtemps implantées aux Etats Unis comme les Archives du centre LGBT à New York dès 1983. Il faut également mentionner la mise en place d'archives associatives importantes comme les Archives Recherches Cultures Lesbiennes (ARCL) crées également en 1983 ou de centres plus institutionnels comme le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir (CASdB) créé en 1982.

Le centre lyonnais a donc une double mission de gestionnaire de collection et d'ouverture vers un plus large public. La mémoire s'inscrit dès l'origine du projet au coeur des missions, qu'il s'agisse de mettre à disposition du public des documents, d'organiser des conférences suivies de débats ou de collecter des témoignages. Le site web se propose d'aborder toutes les facettes de ses missions en mettant à disposition une présentation du fonds, une sélection thématique des collections par département, des articles et conférences audios & vidéos disponibles en ligne ainsi qu'un répertoire de liens français et internationaux.

[[[[[ site web du centre ]]]]]

1 Pour mémoire : La mémoire gaie en 2002, Les gays et lesbiennes ont-ils une histoire en 2003, Gays et lesbiennes en Chine en 2004, La déportation des homosexuels en 2005, La visibilité des transgenres en 2006, Lesbienne mon amour ! en 2007.

[Mots-clefs du jour : Florence Delay féminisme]

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09 août 2007

Précis de conjugaisons ordinaires

Les éditions Xavier Barral ont sorti fin 2006 un excellent petit livre rose intitulé Précis de conjugaisons ordinaires, tentative d'étirement du français figé de Florence Inoué, David Poullard et Guillaume Rannou, trois éminents typogrammairiens. Un bel objet typographique qui réconcilie avec l'imparfait du subjonctif et les locutions populaires (merci à l'Epluche-Doigts pour cette découverte).

Que j'eusse aimé ça, hein ? en primaire me semble être une évidence.

DSC02556

Aller hop ! un petit tour sur l'article du Typographe.

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13 juillet 2007

Fenêtres, open Space d'Anne Savelli

couverture de fenêtres, open space Anne Savelli vient de sortir aux Editions Le mot et le reste (bel objet, souvenez-vous d'Eugène Boutmy ...) un ouvrage intitulé Fenêtres, Open Space.
A.S. a longtemps publié dans différentes revues sur le web comme ACD, pleutil? et remue.net. C'est d'ailleurs sur le site collectif fondé par François Bon qu'elle publie les premières pages de Fenêtres. Anne Savelli retranscrit en mots son regard à travers la fenêtre de la ligne 2 du métro. Chaque jour elle s'attache à décrire ce qu'elle voit lorsque le métro sort de terre entre les stations Colonel fabien et Barbès.

Fenêtres est le journal poétique de cette aventure urbaine. On pense à Pérec, à Roubaud, à cette façon de s'approprier l'espace et raconter par listes et contraintes. Idée lumineuse que cet index en fin d'ouvrage.

A noter : Anne Savelli a ouvert un blog pour continuer son journal en Open Space avec textes et images. Retour sur le web : la boucle est bouclée.

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22 mars 2007

Les rêveries d'Hélène Georges

copyright_hgeorges_mlagarde

Hélène Georges est une femme d’affaire impitoyable, héroïne de roman, de comédie musicale, d’aventures extraordinaires au Mexique ou sur les mers des Caraïbes. Hélène Georges est illustratrice et signe chez Michel Lagarde son premier album d’auteur/compositeur/interprète comme dans les meilleures chansons. Interprète des propres rêveries qu’elle imagine, HG se met en scène dans des aventures où l’amour finit toujours par l’emporter.

 

La douceur du graphisme s’accorde avec la légèreté et l’humour des propos, assurés notamment par de solides références cinématographiques (Le bal des sirènes, La flibustière des Antilles...). Qu’elle s’imagine enlevée par une révolutionnaire mexicaine ou envoûtée par une princesse kurde, HG nous rappelle qu’il ne faut pas hésiter à s’inscrire dans son propre imaginaire. Où comment relire Michel Strogoff revient à acheter un billet pour le transsibérien.

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01 mars 2007

Nouvelle Fête du Livre à Bron

fetedulivreComme chaque année, la ville de Bron accueille la 21e édition de la Fête du Livre, manifestation ô combien vivante autour des auteurs invités, des oeuvres et un public toujours nombreux. Cette nouvelle édition reprend le principe sans thème général testé pour le 20e anniversaire, mais organise comme à son habitude des thèmes de rencontres, lectures et regards croisés entre les auteurs. Un procédé efficace repris notamment par le Festival America à Vincennes. La Fête du Livre est gratuite, accueille un public à la fois exigeant et curieux de nouvelles découvertes, c'est à ce titre l'une des manifestations les plus importantes en France.

L'édition 2007 aura lieu à l'hippodrome de Bron-Parilly du 9 au 11 mars 2007.

Parmi les invités — avis personnel — à suivre : François Bégaudeau pour Une année en France (rencontre animée par Zahia Rahmani !), Geneviève Brisac & Camille Laurens autour des Carnets de la guerre de Marguerite Duras, je n'irai certainement pas écouter Sylviane Agacinski m'expliquer pourquoi les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus (ça va m'énerver), Arno Bertina & Pavel Hak autour de l'expériences des frontières, Olivier Cadiot avec Un nid pour quoi faire, Une place dans le monde avec Emmanuel Loi & Zahia Rahmani, et ce n'est que le samedi, jour travaillé pour ma part s'il en est ...

Dimanche, je me vengerai avec la rencontre anthropologo-littéraire avec Eric Chauvier, les petites infâmies de Régis Jauffret, Luc Lang et le final de Jacques Roubaud.

/// A suivre ///

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04 janvier 2007

Anthropo // logos

anthropoOn devrait fouiner plus souvent dans le catalogue d'Allia. J'avais beaucoup aimé l'édition de la conférence d'Hermann Broch, Quelques remarques à propos du kitsch. Parmi les autres passerelles "décalées" qu'affectionne cet éditeur, Anthropologie d'Eric Chauvier fait partie des nouvelles têtes remarquées par la critique hype de la rentrée littéraire.

Lorsqu'on a beaucoup fréquenté le milieu universitaire (merci François ! ), on ne peut rester insensible à ces rares passerelles sur le fonds et la forme, cette espèce de marque de fabrique qui nous oblige à écrire un nous, ultra référencé en bas de pages, quand le ressenti serait de rigueur. En archéologie l'hypothèse face à un vestige non identifié peut s'apparenter à une nouvelle d'anticipation. Eric Chauvier a quant à lui choisi de dire je et de partager avec le lecteur ses remarques à vif et ses analyses sur une expérience personnelle, sur l'enquête qui en découle et qu'il appelle anthropologie.

Je ne reviens pas sur le résumé du livre que l'on retrouve sur de nombreux sites littéraires comme fluctuat et de nombreux blogs tenus par des lecteurs voire des lecteurs-anthropologues ... Eric Chauvier s'approprie le je de la littérature (ai-je parlé d'autofiction ?) mais dans un discours anthropologique, argumenté de faits, de situations comparatives et de citations savantes. Pas simple donc, il faut s'accrocher d'autant que la procédure du narrateur-auteur qui met en situation ses amis sans les prévenir pour analyser leur réaction peut paraître agaçante. Mais on s'accroche. Peut-être parce que la lecture nous met autant dans la position de sujet anthropologique que de lecteur.

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