free, copyright robwest on flickr

Méconnaissance ou mauvaise foi ?
Un article très commenté sur le blog de Fabien Prêtre — un entrepreneur orléanais — est venu illustrer de manière criante le rapport sur le coût du travail dans le milieu intellectuel et sur le rapport à la gratuité dans les services publiques. Pour rappel, cet Fabien Prêtre est à l'origine d'une structure nommée webschool, une structure animée par des bénévoles pour démocratiser le 2.0 à travers des ateliers et conférences gratuites — je cite : une nouvelle initiative pour démocratiser les nouveaux usages et pratiques du web 2.0 auprès du plus grand nombre de manière libre et gratuite.

Mauvais postulat de départ : Fabien Prêtre a mis en avant son initiative webschool par opposition aux Espaces Publics Numérique (EPN) qui — je cite — coûtent beaucoup d'argent aux contribuables... pour un très très faible taux de la population "initiée.

Passons sur le fait que le contenu s'apparente beaucoup plus à une mise en perspective des outils de communications, marketing (source Webschool pays basque) pour des entrepreneurs qui souhaitent s'initier à Internet. Passons aussi sur la comparaison douteuse entre structure associative motivée par des bénévoles (webschool donc vous l'aurez compris) et espaces publics qui coûtent chers aux contribuables et ne sont pas si efficaces (les EPN donc vous l'aurez compris itou).

Éloge et de la gratuité

couverture de l'ouvrage les nouveaux intellos précaires

Ces réflexions mettent néanmoins en lumière le rapport à la gratuité qui anime nos sociétés et se transforme à la lumière d'Internet. Les récents débats sur le piratage lors des discussions de la loi Hadopi montrent que de nouveaux modèles économiques sont en train de se forger autour d'Internet et du tout gratuit. Attention à l'illusion tout de même : le gratuit à un coût et peut provoquer des dégâts collatéraux.

Dans leur dernier ouvrage Les nouveaux intellos précaires, Anne & Marine Rambach évoquent notamment comment la gratuité a eu pour effet de transformer (côté positif) mais aussi mettre en péril (côté négatif) un certain nombre de professions comme les journalistes, les photographes, traducteurs ... Certes les raisons des problèmes financiers de la presse ne reposent pas uniquement sur l'apparition des  médias en ligne et des journaux gratuits, mais la gratuité du contenu pose quand même question sur le coût et la qualité des services. Car la concurrence avec la gratuité se fait aussi aux dépends d'une qualité de travail et de la qualité du prix du travail.

Le collaboratif bénévole a des effets pervers : pourquoi payer un photographe quand on peut récupérer des illustrations gratuites sur Flickr ? Pourquoi payer des articles à un pigiste quand un volontaire épris de reconnaissance propose une publication gratuite ? Pourquoi financer des animateurs dans un EPN quand des bénévoles peuvent faire ça près de chez vous ?

Pour en savoir plus :
Conférence d'Anne Rambach à visionner ou télécharger sur le site de la Bibliothèque municipale de Lyon (26 mars 2009)
Articles et interviews vidéo des auteurs sur Rue89
Dossiers les prolos de la culture sur bibliobs.

[Mots-clefs du jour : affiche gratuité fraternité bibli limoges]