lipstick_librarianDans son édition du 27 octobre, Livres Hebdo évoque un sujet qui agite depuis quelques années déjà le petit monde des bibliothèques, à savoir l'Avenir... Changer ou Disparaître ? Là est la question, nous rappelle l'hebdo dans un article un peu simplifié autour d'une notion beaucoup plus complexe que la vision caricaturale et grossière de la vieille fille coincée et en devenir qu'est la Bibliothèque d'un imaginaire quelque peu poussiéreux.

Les bibliothèques ont bien évidemment toujours évolué depuis Alexandrie, mais Alberto Manguel — hostile au numérique — peut frémir devant la notion à la mode de Bibliothèque numérique qui fleurit dans toutes les institutions depuis l'avènement d'Internet. Les nouvelles technologies et Internet en particulier ont évidemment fait évoluer la bibliothèque et ses missions, ne serait-ce par la création d'outils permettant l'indexation et la recherche d'informations sur des bases de données numérisées. Personne ne reviendra non plus sur le fait que la multiplication de sites Internet amène une concurrence directe au livre conservé en bibliothèque, même si le terme de concurrence vient parfois trop sûrement cacher la complémentarité.

Le Changer ou Disparaître amène donc des visions très différentes entre le tout numérique incluant le podcast, les fils RSS, les blogs dans des lieux "sexy" (Maija Berndtson, directrice de la bibliothèque municipale d'Helsinki) et une bibliothèque militante sur le lieule livre n'est pas mort.

La bibliothèque a-t-elle encore sa raison d'être nous rappelle LH, si l'on peut de chez soi, stocker l'équivalent de 8000 livres sur une carte mémoire ? Plus fumeux peut-être, l'étude comparative entre Wikipédia et l'Encyclopaedia Britannica devient un argument pour signifier que le professionnalisme entre web et imprimé n'est plus de mise, au moment même où le cofondateur de la célèbre encyclopédie en ligne lance un projet alternatif pour trier le bon grain de l'ivraie... Certes il y a  une réflexion et une recherche en cours. L'expérimentation de la bibliothèque du 21e siècle a déjà commencé si on en croit le concept de bibliothèque hybride où le réel et le virtuel viennent s'emboîter pour mieux courtiser le lecteur. Avec ou sans rouge à lèvres ?

La Bibliothèque nouvelle intègre le numérique, que ce soit pour proposer des solutions de recherche d'information ou des accès à Internet. Sommes-nous  déjà à l'accueil opéré sur un terminal informatique où une Bibliothécaire virtuelle nous oriente vers le flux de notre choix à podcaster ? La bibliothèque nouvelle doit également s'intéresser au lieu, au confort, au choix, à l'éclectisme de ses lecteurs... Bibliothèque comme lieu de rencontres, d'écoute, de parole, de découvertes. Bibliothèque qui se déplace là où elle n'est pas.

Dîtes, Maija Berndtson, vous ne la trouvez pas sexy Ms Dewey ?