phora_copyright_ML’artiste américaine Ann Hamilton proposait jusqu’au 22 mai 2005 des installations spécialement créées pour la maison rouge. Phora est un ensemble de scènes s’inscrivant directement sur la recherche et le pouvoir du son et de l’image (l’opéra Bastille n’est pas loin). A.H. travaille sur le son d’une manière progressive, explorant de salle en salle l’évolution du son. La première salle est ainsi consacrée au silence, silence des nombreuses bouches de statues médiévales, prises en photo via les séquences vidéo d’une petite caméra. Ces impressionnants murs remplis de ces bouches réduites au silence de l’image prennent leur ampleur avec un peu de recul. Le flou et l’accumulation des prises de vue donnent à l’installation toute sa force.

La deuxième salle plongée dans l’obscurité nous fait passer du silence au premier stade sonore via des enceintes fixées sur des tiges qui tournent en permanence autour de la tête des spectateurs et qui diffusent des voix sans notion de parole. L’obscurité, le ballet des enceintes, des mélopées humaines et de la vidéo projetée comme une ronde sur les murs de la salle incitent à la méditation, l’une des installations à mon sens la plus réussie. Puis vient le temps de la parole, sous une tente qui n’est pas sans rappeler l’installation du Musée d’Art Contemporain de Lyon (Mattering). Des mégaphones diffusent un message de réflexion et de paix enregistrés par des femmes (dont Ann Hamilton) en plusieurs langues. Ces trois moments forts, du silence à la parole, poussent le spectateur à la méditation et à la réflexion paisibles, d’où le regret de ne pas avoir de lieu où simplement se poser dans les salles afin de profiter de l’instant…