visa_pour_l_image_05Le festival de photojournalisme Visa pour l'image se déroule à Perpignan du 2 au 17 septembre 2006. L'occasion de découvrir des lieux inédits comme l'ancienne prison de Perpignan (le couvent Sainte-Claire), le coeur de l'église Saint-Dominique ou le couvent des Minîmes. L'occasion surtout de redécouvrir une actualité à travers le sens d'une image ou d'une série d'images, autrement dit ce n'est pas le sens du monde que j'aperçois mais bien ses facettes les plus écorchées.

Outre une rétrospective du grand Eddie Adams, mort en 2004, et de David Burnett, l'édition 2005 proposa de nombreuses expositions dont la guerre en Irak et le conflit israëlo-palestinien sont un peu le point d'orgue. En Irak, il est de fait plus difficile de produire des images qui sortent du lot, l'impression de suivre ces photographes suivant des patrouilles, de voir les mêmes images... Certains posent leur regard d'un angle singulier comme Lynsey Addario (prix Fujifilm du jeune reporter 2005) en suivant essentiellement le parcours des soldats américains blessés, ou Mauricio Lima qui capte le quotidien des troupes américaines et surtout de la population irakienne. Quels regards sur les conflits ? On sent une revendication forte dans les images de Kristen Ashburn sur les ravages du SIDA dans le sud de l'Afrique, des questionnements qui ne manquent pas de tendresse et d'humour lorsque Alexandra Boulat photographie les femmes entre Bagdad et Kaboul. Autres moments forts : Heidi Bradner et la périlleuse survie en Tchétchénie, Paul Lowe et la reconstruction de la Bosnie (au plus près de la population). Des images qui ne masquent pas la souffrance.

Les conflits ne sont pas les seules terres du photojournalisme à l'image des Satellites de
Jonas Bendiksen, sortes d'ovnis territoriaux nés de la chute de l'Union Soviétique. Dans le cadre du festival Off, la Bourse du Travail de Perpignan a accueill deux expositions autour des travailleurs, un vent moins policé : travailleurs et paysans de nulle part de Patrick Bard (parfait complément du No logo de Naomi Klein) ; le collectif PictureTank présente quant à lui Faith to Face, série de portraits de jeunes auteurs avec une esthétique et un contenu à suivre de près.