[Cet article est une republication de mon ancien blog sur la plateforme Tooblog désormais indisponible]

J-Y me demande : C'est votre première fête du livre ? [...] Ce que j'en pense, oh ce lieu ou il n'y a pas de distance entre le public, le texte et son auteur, juste celle qui respecte l'intimité de chacun. Evidemment venir c'est s'exposer un petit peu, de toute façon écrire c'est s'exposer un petit peu.
C'est drôle, chaque auteur invité s'est vu demander de sélectionner pour ces 20 ans de Fête du livre
une sélection d'ouvrages comme une bibliothèque idéale, le thème du prochain ACD. Les textes commencent à venir, on croise des listes de livres comme des manuels de bricolage (monter sa bibliothèque idéale évidemment toute une affaire).

Je travaille ce samedi et arrive peu de temps avant le début des lectures par François Bon de son tumulte.net
, lecture à haute voix de ses textes écrits et publiés sur Internet, jour après jour. Il joue avec son micro et ses pédales, on dirait Troy Von Balthazar a biographie qui se tortille avec des feuilles plutôt qu'une guitare et offre ses textes sans la protection de l'écran. Les questionnements autour de l'écriture pourquoi ces textes sur Internet, qu'est-ce que ça change de les recevoir à l'oral là et puis imprimés bientôt sur papier. Très étrange de constater que certains lecteurs, peut-être auteurs, découvrent de nouvelles façon de recevoir un texte, ou plutôt de le donner. Tout ce magma en mouvement, ça remue.
La veille FB a parlé de ses questionnement d'écriture à l'ENS et l'Espace Multimédia de la Part-Dieu
, peut-être plutôt l'accès à l'écrit, il évoque d'ailleurs Internet et le livre dans son Tiers Livre.

Je retrouve A. et M. sous le chapiteau du Magic Mirror pour écouter certains auteurs évoquer leurs 20 ans de Fête du Livre avec Thierry Guichard du Matricule des Anges
qui est parfait dans cet exercice délicat d'animer une rencontre minutée d'écrivains. Puis danser sur de la soul music avec L. & T. et même M. qui n'aime pas la soul pourtant [mais on retrouve tout dans la soul, lui ai-je souvent dit], Dominique A en transe pas loin sur la piste sur la musique de son ami Katerine.

Et ce n'est que samedi...

P

Dimanche je retrouve M., L. et P. dans la foule qui parcourt les salles et les stands de librairie ; R., Em. et Er. derrière les piles de Terre des Livres et puis la rencontre de Paul Nizon animée par Josyane Savigneau. Nizon relate sa vision de l'écriture dans le premier tome de son journal, un bien fou d'entendre un grand évoquer ses doutes et sa difficulté d'écrire pas de récit, pas de poésie, juste des notes, des notes, des notes... A lui qui, à ses débuts enchainait les critiques d'art et la littérature, je lui demande en pensant à Br. quel est l'état le plus confortable pour écrire : écrivain à plein temps bien sûr, même si écrire des critiques dans l'urgence lui a beaucoup appris sur l'écriture.
Finalement on a beaucoup parlé d'archéologie ce week-end : François Bon et l'absence d'écrit chez les Gaulois, Paul Nizon et son explication de l'autofiction comme une archéologie des événements que l'écriture reconstitue [qu'est-ce qui s'est passé ?].